Biographie

Denise FERRIER est née le 2 octobre 1920 à Vichy.

Son père, ouvrier typographe puis comptable, pratique la peinture en amateur. Il initie sa fille, ensuite formée par Paul Devaux, artiste local spécialisé dans la gravure sur bois. « Ne pouvant plus rien lui apprendre », il l’incite à « monter à la capitale ». Ce qu’elle fait dès 1945 avec l’espoir de devenir peintre.

À Paris, elle suit l’enseignement de Jean SOUVERBI, peintre néo-cubiste, puis fréquente l’Académie Frochot. Elle y rencontre Jean SPADONI, peintre. Ils emménagent dans l’atelier de peintre et de tailleur pour hommes que loue celui-ci dans une arrière-cour de la Cité des Fleurs, quartier des Épinettes, dans le 17ème arrondissement. En 1953 naîtra leur fils, Patrice SPADONI, qui deviendra réalisateur.

Dès sa jeunesse Denise Ferrier s’engage, seule, dans une voie non-figurative, sans connaître alors l’existence de l’art abstrait. Elle poursuivra avec constance cette recherche, sans se rattacher à aucune école, dans une totale indépendance.

Dans les années cinquante son art connaît une première époque de maturité, avec des œuvres marquées par des formes nettement dessinées, des compositions rigoureuses, des harmonies colorées très étudiées. Son travail est reconnu par des peintres tels qu’Auguste HERBIN, puis plus tard Henri GOETZ. Cependant, à cette époque il est très difficile pour une femme peintre de se faire reconnaître.

Elle participe à plusieurs expositions collectives, notamment de 1950 à 1953 à celles des RÉALITÉS NOUVELLES alors organisées au Musée d’Art Moderne de Paris. Jean CASSOU, directeur du Musée, remarque ses peintures et manifeste l’intention d’en acquérir pour la collection du Musée. Mal conseillée, elle ne saura pas donner suite à cette ouverture.

C'est que les nécessités de la vie vont se faire de plus en plus pesantes. Jean SPADONI décède en 1957. Denise FERRIER doit élever leur fils seule, dans une réelle misère. Elle devient couturière puis lettreuse et coloriste pour des bandes dessinées telles que Les Pieds Nickelés ou Bibi Fricotin.

Malgré tout Denise FERRIER va poursuivre inlassablement son travail de peintre et de dessinatrice, et cela dans une solitude et une invisibilité presque totale, jusque dans les années 2000.

Progressivement son art va s'éloigner des formes géométriques des années cinquante, sans jamais abandonner l’affirmation d’une ligne ferme, continue, mobile, et un goût pour le mouvement des formes et des couleurs animant des compositions vivantes, musicales.

En 1985, la Retraite libère son temps, ouvrant une nouvelle période d’intense création artistique.

Une exposition personnelle présentera son œuvre au public à la galerie Dorothy's Gallery en octobre 2010, accompagnée par un film réalisé par son fils Patrice SPADONI.

En décembre 2011 Denise FERRIER décède à Paris à l'âge de 91 ans.

PROPOS / EXTRAITS

« - Ici je suis partie d’un petit dessin, quelques lignes jetées sur un bout de papier. Il y a des passages subtiles… Cette intensité d’un bleu où transparaît un autre bleu. Un passage… Un parcours de la surface, par des attirances et des correspondances, qui ne sont pas appuyées… »

« - Ce qui compte pour moi, c’est la ligne continue. Une ligne que l’on vit en la faisant, de l’intérieur. Une ligne qui part d’un point, et va se perdre dans le néant… »

Entretiens avec Denise Ferrier extraits du film "Cité des Fleurs" réalisé par le fils de Denise Ferrier, Patrice Spadoni, à l'occasion de l'exposition personnelle de Denise Ferrier de 2010.

Publié le vendredi 12 janvier 2018 par administrateur